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17/04/2008
Force Ouvrière a 60 ans
Redacteur

Ce 14 avril, délégués, représentants, adhérents FO étaient présents à la Bourse du Travail pour célébrer les 60 ans de l'un des plus anciens syndicats français. Malgré la date choisie pour cet événement (un lundi), près de 150 personnes s’étaient réunies pour l’occasion.


André Bergeron, machine à remonter le temps
André Bergeron s’est syndiqué à « 14 ans et 20 jours, en avril 1936 » comme il aime à le rappeler. Une époque où la CGT était encore unifiée et où les grands patrons étaient faits « de chair et d’os » et non représentés par des anonymes.
Pêle-mêle, Robert Bergeron retrace sa vie, l’Internationale, composée à Lille, qu’il affectionne tant pour ce qu’elle représente, l’aide apportée clandestinement à une vingtaine de travailleurs espagnols, le souvenir du maître d’école, en blouse noire, mort dans un camp de concentration dénoncé par un voisin, le passage de la ligne de démarcation pendant la seconde guerre mondiale, l’arrestation, les années en Allemagne, et son respect pour Robert Bothereau, responsable de la CGT durant la résistance et un des fondateurs de FO.
André Bergeron est un personnage. Son action pour la France est encore sensible aujourd’hui : acteur dans les premières négociations sur la création de l'assurance-chômage, il est aussi un des créateurs de l’UNEDIC.

Le syndicalisme est un humanisme
André Bergeron considère que 2008 ne doit pas attendre d’unité syndicale dans la classe ouvrière dans la mesure où il n’y a pas de consensus d’un groupe à l’autre.
Sans fatalisme, il admet que le monde change, et donc que, plus que jamais, il faut travailler ensemble. Parlant de l’Europe, l’ancien secrétaire est convaincu qu’un pays seul, aujourd’hui, est trop petit pour vraiment agir. Et de conclure, « pour occuper ce genre de responsabilité, il faut aimer les gens. Je persiste et continue à croire en l’homme. »

Pourtant, si important soit l’humanisme, il ne suffit pas. Les changements fondamentaux dans le monde du travail ne sont pas traduits par une adaptation des syndicats. La désyndicalisation réside plus dans l’augmentation des PME qui ne sont pas dotées de syndicats que dans un réel désengagement. Le monde syndical devra inévitablement passer par une mutation, des « réformes » (sans mauvais jeu de mot) pour répondre aux attentes de ce « nouveau monde ».
Sexagénaire pleine de ressources, FO repousse l’âge de la retraite pour s’atteler à de nouveaux combats !

http://www.fo-nord.com

Bérangère Deschamps
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